Biodiversité

En elle-même, une collection d'arbres venus d'ailleurs apporte une grande diversité végétale. Pour autant, s'agissant d'espèce non-indigènes, elles n'importent pas avec elles le cortège vivant associé à leur habitat d'origine. La faune indigène saura pourtant "utiliser" ces espèces, tant comme ressource alimentaire que comme abri.

Ce qui va bien davantage influer sur la diversité végétale et animale, c'est la façon dont on laisse cette dernière en libre évolution. C'est à dire sans contraintes exercées par l'homme. À commencer par la tonte de l'herbe, la taille des arbustes, l'élagage des arbres, le désherbage des surfaces minérales, etc. Autant de tentatives de contrôle du vivant, dont la légitimité est discutable. Néanmoins, la cohabitation des activités humaines et du reste du vivant nécessite quelques arbitrages. Sans contrôle, le vivant aurait tôt fait de prendre toute la place et nous ramènerait aux temps néolithiques de la vie en forêt.

Il s'agit donc de trouver un compromis, un équilibre entre "besoins" humains fondamentaux et expansion du vivant. Sur le site de l'arboretum, le parti a été pris d'assurer un entretien minimaliste, tout en assurant une certaine pérennité des milieux existants. Ainsi, les prairies sont fauchées annuellement, offrant les conditions de son maintien en l'état. Sans cela, ce milieu particulier évoluerait vers l'enfrichement, puis l'enforestement. Idéalement il serait préférable, pour valoriser la biodiversité, de faucher tardivement les prairies. Les usages du foin exporté (fourrage) nécessitent cependant d'être fauchés lorsque la végétation est au stade optimal en termes de matières nutritives (fin mai à fin juin). Pour les secteurs non fauchés mécaniquement (fortes pentes, présence d'arbres...) une fauche tardive est effectuée d'août à octobre.

Les prairies sont des milieux favorisant la biodiversité. Sur le site, une douzaine d'orchidées sauvages ont été repérées en 2026. Une quinzaine d'espèces de graminées, ainsi que le cortège de plantes à fleurs spécifiques à ce milieu permettent à une myriade d'insectes d'y vivre.


Dans la grande prairie, le 17 mai 2026




Orchis singe, début mai


L'effet de lisière, cet espace de transition entre prairies de forêts, est particulièrement favorable à une riche biodiversité. Il est donc volontairement maintenu, en évitant de créer trop d'ouvertures. Les branches basses des arbres sont maintenues, de même que les arbustes qui se développent sur cette limite entre l'ombre et la lumière, entre la fraîcheur et la chaleur.


Effet de lisière : entre le sol et les branches des arbres, maintien d'une continuité végétale.


Tonte des cheminements : 

Pour des raisons pratiques, il est nécessaire de maintenir des cheminements aisément accessibles, c'est à dire avec une hauteur d'herbe relativement courte. Mais "relativement court" (6 à 10 cm), ce n'est pas "ras" (inférieur à 3 cm). Il est absurde de vouloir maintenir une herbe rase, qui non seulement souffrira de chaleur et sécheresse excessives en été, mais en outre constituera un milieu extrêmement pauvre pour toute la chaine alimentaire. La petite faune (micro-mammifères, insectes...) sera quasiment absente, n'offrant pas de ressource alimentaire pour leurs prédateurs. Quant à la vie souterraine du sol (microfaune), elle sera elle-même réduite par les conditions de chaleur intense subies pendant l'été.

Au contraire, une hauteur d'herbe suffisante offre une petite niche d'habitat, et réduit la surexposition solaire du sol.